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Le jeudi 13 octobre MGCM a organisé, en partenariat avec l’ICAM de LILLE, sa 3ème Journée d’Etude Régionale sur le thème de la Supply Chain Résiliente.

 

Bernard-Gilles FLIPO, Directeur de l’ICAM, ouvre la journée en souhaitant la bienvenue aux participants. Il est ravi d’accueillir dans son école une communauté de professionnels de la supply chain venus échanger et faire du benchmark sur les meilleures pratiques sur le thème de la résilience, sujet qui devient de plus en plus pertinent et préoccupant dans notre monde actuel.

 

Xavier PERRIN, Président de séance, expert Lean et partenaire formateur MGCM, présente l’origine du mot « résilience ». En étymologie, le mot a ses racines dans la mécanique signifiant « la capacité à résister au choc ». Puis, en psychologie, le mot signifie « l’aptitude d'un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatisantes ».

 

Anandi ROY, directrice générale de MGCM, lit le message dédié par le Professeur Yossi Sheffi, Chef du département de logistique et de transport du MIT Boston.

Son livre, The Resilient Enterprise, fut la source d’inspiration pour le thème de cette Journée.

 

Elle a en fait démarré avec un appel à la flexibilité, le premier conférencier Hervé HILLION se trouvant retardé par le TGV de Paris. David FILLON, Directeur Adjoint Logistique chez Toyota Valenciennes, prend sa place, démontrant à quel point la résilience fait partie de « l’ADN » de Toyota (après la 2ème guerre mondiale, le Japon était sans ressources et devant la nécessité de se reconstruire complètement). La résilience en forme de flexibilité est présente sur toute la chaine, elle implique le suivi et le développement des fournisseurs, la visualisation des problèmes, la réponse immédiate, l’anticipation par la formation. Elle est également caractérisée par le lean, l’élimination de toute forme de gaspillage. Ainsi, les produits livrés par les fournisseurs sont rapprochés au plus près du site de Valencienne par un réseau de magasins avancés fournisseurs, approvisionnés par des milk-runs, et permettant des livraisons de la ligne d'assemblage cadencées sur la journée. David nous parle de l’optimisation de la flexibilité par l’utilisation du takt time, du heijunka et du jidoka, qui fait que dans l’usine Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) à Valencienne, une Yaris est produite toute les 60 secondes. Il nous parle également de la catastrophe de Fukushima, la création des cellules de crise, du recueil et du support aux personnes sinistrées.

 

Hervé HILLION (Consultant associé chez Mazars) arrive juste à temps pour nous ramener au temps des Grecs en citant Thucydide, « La sécurité de la Cité tient moins à la solidité de ses fortifications qu’à la fermeté d’esprit de ses habitants ».

Il nous démontre à quel point les « paradigmes » historiques exacerbent la vulnérabilité des Supply Chains, que les objectifs de performance à court terme sont souvent au détriment de la résilience de la supply chain. La responsabilité de la direction est clé et les problèmes résultent souvent du manque de prise de décisions, de consensus, de formation, de compréhension et de focus (la gestion des « near miss »). Il conclut en nous donnant les caractéristiques d’une supply chain résiliente : une planification collaborative, une logique de clusters des fournisseurs, la mise en place de programme de reverse factoring, la surveillance des principaux aléas, la gestion des cellules de crise, l’alignement de la direction Financière avec la Direction Opérationnelle.

 

Benoît DESCHARD, Directeur du Développement International de DAHER, nous présente son expérience quant à la construction d'une supply chain résiliente dans le domaine des prestations logistiques.

 

Une salle attentive aux conférences de haut niveau

 

La conférence du Père Olivier Barreau nous fait quitter le monde de la supply chain. Il nous amène vers une nouvelle source de résilience, la foi, qui nous tente par la promesse … entendue mais est-elle illusoire ou est-elle accomplie ? Sa présentation démarre par le constat de Stefan Vanistendael et Jacques Lecomte que le bonheur est toujours possible. Encore une fois, nous visitons la maison, cette fois non du Toyota Production Systems mais la petite maison, la casita. On peut se créer une résilience avec un réseau de connaissances qui assure une acceptation de soi qui est fondamentale. Ainsi, on découvre un sens, une cohérence, une estime de soi. On va plus loin en développant ses compétences. Puis il y a d’autres expériences.

Pour terminer, Olivier nous amène vers l’apprentissage de la foi dans le récit biblique de l’Exode, la sortie de l’Egypte, la soif, la faim, le bien malgré l’absence du bien, il finit par une citation du psaume 30, « Devant moi, tu as ouvert un passage »

Nous restons avec la poésie, le symbole …les questions restent en soi.

 

Après avoir rappelé son passage dans les Ecoles qui l’avaient accueilli à Lille (ISEN et IEFSI devenu un MBA de l’EDHEC ), Michel GAVAUD, président de MGCM rend hommage à Norbert SEGARD, leur fondateur, qui fit passer la France du « 22 à Asnières » aux deux millions de lignes téléphoniques par an.

Puis il montre comment la différence entre les certifications professionnelles à la française  et les « professional certifications » proposées par MGCM allait bien au-delà d’une simple traduction : régalienne et étatique pour les unes, mondiale et associative pour les autres.

Enfin, il ajoute des informations complémentaires sur la résilience.

 

Assane SAMBE, français d’origine sénégalaise, est revenu à LILLE spécialement pour nous présenter un exemple de la résilience vue du terrain. Il commence par une citation du Professeur Sheffi :

"La prospérité d’une entreprise dépend davantage de ce que vous faites avant qu’un événement imprévisible ait lieu que ce que vous faites pendant cet événement "

Puis pour illustrer cette thèse, il nous présente une étude de cas provenant d’une vie antérieure en tant que Supply Chain Directeur chez un constructeur automobile. Les risques éventuels provenant d’un fournisseur ont été analysés : les mouvements sociaux, la qualité des pièces, les défaillances de livraison, le non respects des spécifications du constructeur, les absences d’informations, la rupture totale des approvisionnements. Quels peuvent être les impacts de ses risques sur les clients ? Le résultat de cette analyse se concluait par un chiffrage du cout de l’arrêt de la chaîne estimé à 10K€ la minute.

Ainsi un plan d’action fut mise en place avec une analyse des vulnérabilités de ce fournisseur, l’utilisation de l’outil tel AMDEC, la priorisation des actions …

Plusieurs bénéfices ont été réalisés grâce à ses actions anticipatives sur la ponctualité des livraisons, sur le délai de réalisation des commandes, sur l’exactitude des prévisions de livraisons, sur la productivité globale, sur la réduction du coût total de la gestion de la chaîne logistique, sur le niveau de service et l’utilisation de la capacité.

 

Philippe GUEROUT, Directeur Supply Chain chez Aerolia, nous présente une histoire vécue au début de cette année. Fin 2010 Aerolia était fière d’avoir inauguré une usine de 20 000 mètres carrés dans le parc aéronautique de Tunis. En février 2011, avec la révolution tunisienne, Aerolia décide de fermer l’usine, de rapatrier tous les « ex-pat » et de transférer une partie de sa production sur son usine en Grèce. Philippe nous parle des risques liés à la supply chain aéronautique, leurs identifications suivant les méthodes AMDEC et 5M. Puis il poursuit avec une élaboration de la méthode et organisation utilisées pour le recovery plan mis en place : le suivi du projet, de la logistique et des approvisionnements, de la production et de la qualité, des hommes, des coûts, l’ensemble des actions qui ont permis à Aerolia de retrouver en six mois son niveau d’activité d’avant la crise.

 

 

Ce témoignage est suivi par un mini cours sur « Quelle stratégie mettre en place pour accéder à la création d’un PIC à partir des informations des constructeurs aéronautiques et comment le partager avec notre Supply Chain pour la rendre résiliente ? ». Les speakers venaient tous les trois de Toulouse mais sont tous originaires du nord. Notre trio ch’ti se composaient de Daniel KAUSZ (Responsable industrialisation des aérostructures chez Airbus), René COLIN (Directeur Opérationnel chez SPACE, association créée pour apporter l’excellence logistique chez les fournisseurs des grands constructeurs aéronautiques) et Philippe GUEROUT.

Daniel et Philippe nous présentent une check list typique provenant de l’aéronautique: 10080 commandes et 323 clients en 2010 pour Airbus. Aujourd’hui Airbus a livré plus de 6 500 avions. Ils nous font un rappel des bons principes du body of knowledge de l’APICS sur le PIC, l’expression des besoins et les variations des appels, la nécessité de toujours rester simple et pragmatique, (KISROT, keep it simple rule of three ...).

La simplicité et pragmatisme de l’approche sont telle que même René Colin sous les traits de Momo le célèbre vendeur de frites du stade de Lens, a compris la nécessité et la méthode pour faire des prévisions et déterminer ses besoins en ressources.

 

 

Pour clôturer la journée, nous écoutons la conférence de Luc VAN LANDEGHEM, Président de IIBLC (The International Independent Board for Lean Certification).

La préparation, l’anticipation, l’enregistrement des standard operating procedures, les différents niveaux de ces procédures applicables selon le niveau d’urgence de la situation, tels étaient les thèmes élaborés par Luc qui tirait des exemples de ses nombreuses vies antérieures, surtout celle pendant laquelle il était pilote.

Luc nous présente les trois pôles sur lesquels il faut bâtir la résilience telle que l’explique le Professeur Sheffi : la redondance, la flexibilité et la culture.

Toute en prônant le lean et l’élimination du gaspillage, Luc nous explique pourquoi la résilience demande l’acceptation d’une redondance afin de minimiser et de gérer les risques. Il nous démontre également que le problème qui arrive seul est surmontable, mais le cumul des problèmes, peu anticipé, engendre des situations terrifiantes. Qui aurait prévu qu’au mois de mars à Fukushima, le Japon aurait vécu un tremblement de terre suivi par un tsunami ?

 

A 18H, à la fin d’une journée très riche en échange et en benchmark, les participants se retrouvent au cocktail final avec la belle musique improvisée de Jean-François GASSOT au piano et les photos de Danielle GAVAUD prises spécialement pour cette Troisième Journée d’Etude Régionale qui ajoutent à l’ambiance chaleureuse et rendent hommage à LILLE.

 

Ainsi MGCM nous a donné cette opportunité de nous retrouver, avec l’espoir de construire de nouveaux partenariats et agrandir notre communauté.

 

Rendez-vous à Strasbourg le 22 mars pour la suite de notre tour de France des Régions

 

Anandi ROY, le 17 octobre 2011

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