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Blockchain : Eviter les infections du E.Coli avec une traçabilité augmentée

APICS CEOAbe Eshkenazi, CSCP, CPA, CAE

Traduitpar Anandi ROY et Frédéric GAURIER, MGCM

La blockchain est présentée comme étant une panacée, depuis la protection contre la fraude financière jusqu’à la gestion en toute sécurité des élections. Cette semaine, Maryn McKenna, journaliste du Wired Magazine, a suggéré que la blockchain pourrait aider à lutter contre les infections engendrées par la bactérie du E.coli
(NB : Escherichria coli se développe par exemple dans l’intestin humain et potentielle source de diarrhées, méningites ou septicémies…https://fr.wikipedia.org/wiki/Escherichia_coli).
En effet, il y a deux semaines, les tous premiers signes d’une infection se sont manifestés dans le New Jersey. Le mercredi suivant, le US Centers for Disease Control (CDC) annonçait que 121 personnes provenant de 25 états étaient déjà infectées par la bactérie.

Selon les autorités de la santé publique, la source de l’infection proviendrait d’une salade de type « romaine ». Toutefois, sa nature exacte et son origine restent toujours un mystère. Dans un premier temps, les consommateurs ont reçu la consigne d’éviter la salade romaine déjà préparée. Puis, à la suite de la découverte d’une infection dans une prison d’Alaska, tout indiquait que la source pouvait venir de têtes de laitues entières. Le CDC a alors ciblé toutes celle qui poussaient à Yuma en Arizona.

Tandis que les enquêteurs ont découvert que les laitues de la prison provenaient d’une entreprise nommée « Harrison Farms » à Yuma, selon McKenna « ils n’ont pas su reconstituer le chemin des salades préparées qui ont infecté des habitants depuis Washington à la Louisiane et le Connecticut ».

Selon McKenna, il est quasiment impossible de suivre la traçabilité de la nourriture de la ferme à la table, aux États-Unis. Cette traçabilité reste un challenge politique : les autorités de santé cherchent avant tout à résoudre les maladies rapidement tandis que les agriculteurs et les transporteurs refusent souvent l’investissement dans la technologie. Pourtant, en Europe et au Japon, la traçabilité de la nourriture est devenue la norme.

Cette difficulté à mettre en œuvre la traçabilité alimentaire persiste, malgré les lois, telles que le « US Bioterrorism Act » de 2002 (qui rend obligatoire la traçabilité à au moins une étape en amont et en aval) et le « Food Safety & Modernization Act ».

 « Qu’il s’agisse de documentation digitale, d’enregistrements sur ordinateur ou de papiers manuels, retrouver l’ensemble des informations est devenu extrêmement compliqué », selon Stic Harris, Directeur de la cellule « Outbreak Response Unit » (Cellule de Crise) à la « Food & Drug Administration » des Etats Unis.

Par ailleurs, même quand il existe des enregistrements, l’information retrouvée ne s’avère pas toujours utile en cas de crise déclarée. Par exemple un code à barre peut révéler la date de l’emballage et le lieu, mais il ne dira pas forcément de quelle ferme exactement le produit… 

“Il est possible que la réponse … soit dans la blockchain. » écrit McKenna. Comme pour une crypto-monnaie, chaque mouvement encrypté peut être utilisé pour construire un registre de chaque transaction qui impacte un produit, de la personne qui a fait la récolte au camion qui a transporté la palette, à l’entrepôt et à pour toute manipulation réalisée dans la chaîne de distribution.

Des entreprises telles que IBM, Walmart, Nestlé et d’autres, ont déjà commencé des projets pilotes sur cette technologie. Toutefois, le magazine Wired souligne que l’engagement sur le long terme reste un challenge pour les petits agriculteurs. Néanmoins, la traçabilité aide à identifier avec précision la nourriture à risque de contamination ; elle aide également à ne pas gaspiller la nourriture qui aujourd’hui est jeté du fait d’un risque potentiel de contamination. En ce moment même, les commerces tels Costco et Kroger sont en train de retirer toutes les laitues romaines ainsi que les salades préparées de leurs étagères.

“Pour améliorer la situation, il faudrait une chaine de données plus puissante » écrit McKenna. « Une chaine n’est aussi forte que son maillon le plus faible »

Supply Chain et consommateur

J’ai entendu parler de l’infection par E.coli après mon déjeuner, durant lequel je m’étais justement régalé avec une salade romaine, évidemment sans traçabilité. Je me suis immédiatement alors rendu compte que le sujet de la « traçabilité » avait évolué : auparavant, il s’agissait d’un sujet technique Supply Chain ; maintenant c’est un sujet public et tous les consommateurs s’y intéressent. Qu’il s’agisse de ce que nous mangeons, de nos habits ou de ce que nous utilisons pour réaliser nos tâches quotidiennes, tout le monde s’intéresse aux origines des produits et souhaite savoir si la fabrication a été réalisée d’une manière socialement responsable. La traçabilité est devenue crucial dans la vie d’une marque.

L’APICS définit la traçabilité comme « l’enregistrement et le suivi par un numéro de lots, de pièces, de produits, de processus ou de matières premières utilisés en fabrication ». L’APICS fournit de nombreuses ressources qui peuvent vous aider, vous et votre Entreprise, à comprendre et tirer parti des technologies émergentes tel que la blockchain. Lors du Congrès 2018 de l’APICS, Jack Shaw, Directeur Exécutif du American Blockchain Council présentera une session dont l’objectif est d’aider les participants à comprendre les impacts de ces technologies sur la Supply Chain.

Le Congrès de l’APICS 2018 se tiendra du 30 septembre au 2 octobre à Chicago. Pour plus d’information, consultez le site apics.org/conference


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